La Guyane

Peuples

Accueil

Carte

Fleuves

Flore

Faune

Géologie

Communes

Peuples

Liens

La Guyane est riche d'une diversité culturelle et ethnique, propre à ce département français. Il serait difficile de parler du "guyanais type" aujourd'hui. Il est incontestable que ses premiers habitants sont des amérindiens, venant tous du bassin de l'Amazone. Mais ils ne représentent plus hélas, qu'une minorité dans ce département.
Voici un bref résumé de l'histoire des peuplements de la Guyane.


Les Amérindiens

"Le cœur de la Guyane est amérindien " (E. Lézy).

On rencontre actuellement 6 peuples amérindiens en Guyane, avec chacun leur langue :

  • Groupe linguistique Arawak :les peuples Lokono et Paykwénéh
  • Groupe linguistique Karib :les peuples Wayana et Kali'na (Téléwéyu)
  • Groupe linguistique Tupu-Guarani : les peuples Téko et Wayãpi

Les Wayanas, les Téko et les Wayapi sont des peuples de l'intérieur (vivant dans des villages le long des fleuves), et les autres sont localisés sur la côte.
On a retrouvé en Guyane des vestiges matériels amérindiens de trois types : terre cuite, pierre, débris organique tels que des coquillages, des fragments d'os. Le tout a permis des études archéologiques, et ainsi de mieux connaître l'histoire du peuplement de la Guyane.
Selon Stephen Rostain (1994), entre 8000 et 500 avant notre ère, de petites communautés de chasseurs cueilleurs (les paléo-indiens) ont occupé les forêts de l'intérieur et sans doute, le littoral du plateau des Guyanes. Ce n'est que plus récemment que les trois groupes linguistiques actuels, arrivèrent en Guyane (tous sont issus des régions amazoniennes).

Selon P. et F. Grenand (1985) il y eu d'abord les Arawak au premier siècle, arrivant de l'ouest et du sud-est. A partir du littoral ils se seraient propagés vers les Antilles. Arrivèrent ensuite toujours du sud les Kali'na au Xème siècle (point d'origine non clairement établi), les Wayana au XIème siècle, les Téko au XVème siècle et les Wayãpi au XIXème siècle.

Les européens arrivèrent au XVI ème siècle (la ville de Cayenne a été fondée en 1643). On estime alors la population amérindienne en Guyane française à 30 000 individus. En 1980 on en comptait plus que 3 000 (3% de la population totale), et actuellement ils représentent 4% de la population.

Ils luttent aujourd'hui pour garder leur culture et leur identité, tout en étant intégrés à la société française.

Polissoirs amérindiens en fuseaux, sur roche granitique à Saut Fracas (fleuve la Mana).

 

Carbet (habitat traditionnel amérindien) Kali'na, village de Awala-Yalimapo


Les Marrons (ou Noirs-Marrons)

Le mot "marron" vient de l'espagnol cimarrón. Selon R. et S Price (2003) "...il désignait à l'origine le bétail échappé dans les collines d'Hispaniola (actuellement Haïti et la République Dominicaine) ... puis il a servi à qualifier les esclaves amérindiens en fuite, et enfin dès 1530, il a commencé à s'appliquer exclusivement aux fugitifs afro-américains et s'est teinté d'une forte connotation de courage et de caractère indomptable ".

Motif artistique aluku

Tous les Marrons de Guyane française proviennent du Surinam voisin. Ils se répartissent en quatre groupes:

  • Aluku ( ou Boni),
  • Ndyuka (ou Djukas),
  • Paramaka,
  • Saramaka.
  • Kwinti et Matawai (très minoritaires en Guyane)

Au total, ils forment le second groupe ethnique de Guyane française (les Créoles étant le premier) avec 37200 individus soit 20% de la population.

Ces peuples ont pris naissance au Surinam (alors colonie hollandaise) au XVIIème et XVIIIème siècle. Les bandes de Marrons en Guyane française à l'époque de l'esclavage ont soit fui au Brésil, soit sont restée dans la colonie. A l'abolition de l'esclavage en 1848, ces groupes se sont fondus dans la population.
Le marronnage a été de grande envergure au Surinam, des esclaves s'échappaient des plantations pour se cacher dans la forêt. De vastes campagnes étaient organisées pour retrouver ces fugitifs, détruire leur campement, et les réprimander très brutalement et très cruellement. Certains Marrons traversent le fleuve Maroni pour s'installer en Guyane. Des traités de paix sont finalement signés entre ces peuples et les colons hollandais, leur accordant leur indépendance et des territoires.
Dès le XVIIIème et jusqu'au début du XIXème , les premiers villages marrons se forment en Guyane. A noter qu'un accord de 1890, place le peuple Aluku sous l'autorité française, et leur offre donc aussi la nationalité française.
Depuis une trentaine d'années, tous les Marrons nés sur la rive est du Maroni sont citoyens français.

Le Surinam gagne son indépendance en 1975. Suite au coup d'état de l'armée en 1980, une guerre civile entre les Marrons et l'armée surinamienne (dirigée par des créoles) éclate en 1986, entraînant une nouvelle vague de migration des Marrons vers la Guyane. Elle s'achève en 1992, et le traité signé prive les Marrons de leurs acquis datant du XVIIIème siècle !

Notons enfin que les Saramaka, les Ndyuka et les Aluku sont les spécialistes de la navigation fluviale, et ont ainsi joué un grand rôle dans la ruée vers l'or, qui débuta à la fin du XIXème siècle.

Pirogue saramaka sur la Mana


Les autres groupes ethniques de Guyane

(plus d'infos après mon prochain séjour en Guyane ...)

  • Les créoles guyanais, ou martiniquais et guadeloupéens
  • Les métropolitains (environ 20% de la population)
  • Les Hmongs ("Hommes libres" dans leur langue): réfugiés politiques du Laos, arrivés en Guyane entre 1977 et 1982. Ce sont les principaux maraîchers de Guyane.
  • Les Chinois : c'est en 1870 que les premiers chinois sont arrivés en Guyane, lors de la ruée vers l'or. Ils sont actuellement environ 4500, et exercent principalement dans la restauration et le commerce.
  • Les Libanais
  • Des réfugiés de différents pays, comme Haïti, le Guyana, le Brésil ...

 


Site créé en décembre 2003. Contact: o.belrose@free.fr Les documents présentés sur ce site ne sont pas libres de droit